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Les relations professionnelles difficiles: le triangle de Karpman

Publié le par Marie

Le triangle de Karpman: un jeu relationnel sinistre

Nos relations s'expriment parfois comme une sorte de série B sinistre et même violente, où, en fonction des circonstances et de ses interlocuteurs, chaque protagoniste adopte inconsciemment un rôle dramatisé à souhait. Ces rôles relationnels, théorisés par Karpman dans les années soixante, sont au nombre de trois, et pour continuer à filer la métaphore cinematographique, se retrouvent curiseusement schématisés dans les... dessins animés: le persécuteur, la victime et le sauveur. Nous avons souvent un rôle dominant, mais passons aussi de l'un à l'autre, parfois très rapidement, au cours d'une seule conversation. Ces rôles bloquent l'évolution de la relation, aucun n'est meilleur ou pire qu'un autre, et ils se nourrissent d'un mélange de peur et de manque d'estime ou de confiance en soi. Ces rôles peuvent générer beaucoup de stress et engloutir des quantités d'énergie. L'idée générale est double: D'apprendre à repérer le rôle que nous jouons car cela nous permet d'en sortir, tout simplement, afin de prendre sa vraie place dans la relation. D'apprendre à repérer le fonctionnement habituel de nos interlocuteurs afin d'éviter de rentrer dans leur jeu. Le développement de l'estime de soi et de la communication assertive sont d'excellents moyens pour y parvenir.
Triangle et relations professionnelles
Les relations professionnelles, qui s'inscrivent aussi fréquemment dans le triangle, sont davantage compliquées par les positions hiérarchiques, qui peuvent en renforcer les caractéristiques et les rendres extrêmement stressantes. Voici trois portaits tout à fait schématiques de nos héros du jour que nous avons utilisé pour une formation externe chez un client (voir le site).
Je suis plutôt sauveur/victime. Et vous, dans quel(s) rôle(s) vous reconnaissez-vous? Quels rôles vos interlocuteurs jouent-ils?
Attention, il ne s'agit pas de nous auto-flageller en disant, OK, alors tout est de ma faute. Il faut deux personnes pour avoir un relation, chacun à sa part de responsabilité et ne peut agir que sur elle.
- Le persécuteur: toutes griffes dehors pour mieux dominer
Le persecuteur: Cruella nous voilà
Le persécuteur, par crainte des échanges d'une relation qui l'inquiète, a besoin de dominer. Il construit son estime de soi aux dépends de l'autre. Pour cela, il établit les règles, décide, dirige et corrige à la moindre erreur. Il ne pardonne pas le plus petit écart et n'hésite pas alors à tenir des propos désobligeants, dévalorisants, voire humiliants, à faire des critiques destructrices, à mettre son interlocuteur en position d'infériorité, à manipuler, à culpabiliser. Insultes, menaces, harcèlement, colère peuvent faire partie de son attirail de parfait petit persécuteur. Ne nous y trompons pas, notre épouvantable persécuteur cache une personne pétrifiée de trouille face aux relations. C'est souvent un sauveur déçu qui, ne sachant plus comment s'y prendre, emploie la manière forte, ou une victime qui a décidé de se protéger.
Le sauveur: Zorro est arrivé
Le sauveur se construit une image acceptable de lui-même en volant à la rescousse de la veuve et de l'orphelin avec altruisme et générosité. Plutôt sympa, à première vue, non? Le problème, c'est qu'en réalité, la détresse d'autrui provoque un mal être chez notre Zorro, ce qui le pousse à intervenir dans la vie d'autrui, plein de bonnes intentions, persuadé qu'il DOIT aider, et du coup à se positionner en protecteur, conseiller, expert, justicier... y compris quand on ne lui a rien demandé. Malheureusement, ce rôle est infantilisant pour l'interlocuteur, qui va finir par prendre ses jambes à son cou, laissant notre Zorro tout déçu devant l'absence totale de reconnaissance, ce qui peut le pousser à devenir persécuteur ou victime.
Le sauveur: grand protecteur
La victime: petite fleur fragile
La victime: Cendrillon, Caliméro et compagnie
Le rôle de victime est de loin le plus fréquent. Attention, ne confondons pas le rôle relationnel de victime avec le statut (victime d'un accident, d'un cambriolage...) Notre victime, c'est Cendrillon tout craché. Elle a le sentiment que ce qui lui arrive n'est pas de sa faute, elle subit des circonstances et des personnes négatives. Elle a souvent l'impression d'être agressée, manipulée, et de rester impuissante.Elle peut alors se laisser diriger, mener contre son gré sans rien dire ou en se plaignant à des tiers. La victime cède sa part de responsabilité dans la relation à son interlocuteur. C'est un rôle fortement encouragé par l'éducation (on DOIT écouter ses parents, professeurs... sans répondre), poussant ainsi à subir sauveurs et persécuteurs sans moufter. Si l'on reprend l'exemple de Cendrillon, c'est aussi un rôle faussement confortable: il attire l'attention et évite la remise en question. Il révèle que notre victime s'accorde moins de valeur qu'elle n'en a.

Boulot idéal : tâches et comportements

Publié le

Nous avons décortiqué l'environnement de travail idéal, à présent penchons-nous sur ce que vous faites dans cet environnement. Car bosser au paradis, c'est bien, mais y accomplir des tâches qui vous pèsent peut rapidement en faire disparaître les bénéfices...

Action!

Que l'on soit salarié ou indépendant, nous avons souvent une perception limitée des tâches professionnellesque nous accomplissons au quotidien. En effet, on peut assez vite oublier des tâches potentiellement anecdotiques comme les photocopies ou la gestion des mails. Ou lorsqu'on envisage de créer une entreprise, ne pas prendre réellement la mesure de toutes les tâches annexes et indispensables comme l'administratif, ou le commercial, par exemple.

Nous pouvons alors construire une perception trop figée, voire erronée des tâches inhérentes à notre métier ou fonction, conserver des actions qui peuvent être menées par autrui, ou au contraire négliger des tâches essentielles à la réussite de nos projets.

Coupez!

A une époque où les exigences de polyvalence de la part de certaines entreprises ont sombré dans une absurdité ahurissante, il est aussi important de faire le point sur ce que nous sommes prêts à faire, sur les tâches que nous considérons comme légitimes selon le métier et la fonction, et ce qui dépasse les bornes. Car accepter tout et n'importe quoi, au risque de finir corvéable à merci, c'est aussi brader son estime de soi et la reconnaissance qu'on s'accorde à soi-même, pour laisser la place à une dévalorisation sournoise. Et disons-le, tant qu'il y aura des gens prêts à accepter n'importe quoi, il y aura des entreprises pour le leur proposer. E ce sans aucun scrupule puisqu'en acceptant ce que nous acceptons, nous le rendons acceptable.

Explorer les tâches à accomplir, c'est aussi un moyen de fixer des limites, d'améliorer sa capacité à dire non, à s'affirmer face à un monde de l'emploi qui n'hésite pas à jouer sur la gamme de la peur de ne pas avoir de quoi manger. Et la crise à bon dos!

Utilisez la methode pomodoro ! 

Attitudes

Concernant nos comportements, vis à vis des taches accomplir et vis à vis de nos interlocuteurs professionnels, certains sont tout à fait utiles et efficaces, d'autres pêchent et sont à frein à une atteinte fluide de nos objectifs. Ils nous laissent un goût amer d'insatisfaction, de frustration, d'inaccompli. Les explorer va permettre de mettre le doigt sur des modifications essentielles et de poser les bases de l'exploration des capacités, que nous ferons la semaine prochaine.

D'autre part, les comportements positifs et agréables, nous avons tendance à les attendre davantage des autres que de nous-mêmes. Faire le point sur les attitudes que nous aimerions rencontrer au boulot, c'est aussi nous offrir à nous-mêmes des pistes pour être à l'initiative de ces comportements, et être à l'origine d'un début de dynamique positive.

Mini coaching: explorer les tâches et comportements idéaux au travail

Tâches:

Prenez le temps de faire une liste exhaustive de toutes les tâches inhérentes à votre métier/fonction/statut. Accordez-lui toute votre attention pour ne pas en oublier, depuis le déplacement à la poste pour envoyer vos factures jusqu'à la validation du plan quinquennal, selon ce que vous faites.

 

Quelles sont les tâches que vous aimez?

Celles qui sont acceptables, supportables, mêmes si elles ne sont pas ultra motivantes?

Celles qui sont pénibles, lourdingues, insupportables, inacceptables?

Décrivez à présent le boulot idéal, en termes de tâches à accomplir.

Qu'est-ce que ça vous dit sur vous-même?

L'écart entre la situation idéale est la vôtre, il est fait de quoi?

Quelles tâches sont réellement incontournables?

Dans quelle mesure les aimez-vous?

Qu'est-ce que ça vous dit sur vous-même et sur votre vie professionnelle?

Sur vos besoins?

Comportements

Imaginez, en termes de comportements, de façons d'agir, ce qui serait idéal dans votre vie professionnelle. Pensez à votre langage du corps, vos façons de communiquer etc.

Quel est l'écart avec votre façon d'agir actuelle?

Qu'est-ce que ça vous dit sur vous-même? Sur vos besoins?

Vos comportements, de quoi ont-ils besoin pour gagner en efficacité? En satisfaction?

Quels comportements de la part de vos interlocuteurs professionnels représenteraient un univers de travail idéal?

Dans quelle mesure mettez-vous en oeuvre ces comportements? (Et soyez objectifs;))

Comment pouvez-vous vous y prendre pour faire davantage preuve de ces attitudes?

Améliorer votre vie professionnelle

Parmi tous ces éléments, quels sont ceux sur lesquels vous pouvez agir dès maintenant?

Comment allez-vous vous y prendre?

Quand?

Transformez-les en objectifs SMART et hop! Vous voilà un pas plus près du job idéal. Ce qui est toujours mieux qu'un pas plus loin...