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Sylvaine Pascual - Publié dans: Entretenir des relations saines   /  Mieux communiquer


Qui n'a jamais accédé à une demande, une requête, accepté une invitation, un projet tout en mourant secretement d'envie d'envoyer son interlocuteur balader ou se faire cuire un oeuf, selon la nature de la demande?
Savoir dire non s'apprend, comme à faire du vélo, malgré le risque de s'écorcher un genou de temps en temps... voici comment.

  Qu'est-ce qui nous empêche de dire non?

Nous avons tout un tas d'excellentes raisons pour céder aux demandes des autres malgré nous: besoin de faire plaisir, d'être aimé, peur d'être jugé, peur de blesser, de décevoir, peur du conflit etc.

Toutes ces raisons sont liées à notre besoin d'appartenance ou d'intégration sociale et à son corollaire, la peur d'être rejeté.

C'est vrai que potentiellement, agir en accord avec ce que nous voulons, ce qui est bon pour nous, ce serait méchant, égoïste, ça ferait de la peine à Maman. Car ce sont probablement ces injonctions de l'enfance qui nous poussent à agir selon ce que les autres veulent, du moins ceux à qui nous laissons l'ascendant sur nous, de façon à nous éviter le rejet. Heureusement, il n'estpas toujours nécessaire d'entamer une psychanalyse pour apprendre à dire non.


Erreur de jugement: les coûts réels du "oui"

Pourtant, combien de fois est-ce qu'on nous dit "non", à nous? Sommes-nous systématiquement blessés, déçus, prêts à juger du haut de notre morale vertueuse le "non" de l'autre? Notre relation est-elle nécessairement compromise?
Et réciproquement, prenons-nous réellement un risque élevé?

D'autre part,ceux à qui nous ne disons pas "non", loin de nous être reconnaissants - comme nous l'espérons sans doute -  s'y attendent, tout simplement, puisque c'est notre mode de fonctionnement. Et ils ont raison: pendant que nous sommes occupés à caresser nore égo dans le sens du poil, en nous répétant à l'envi qu'ils profitent de nous, nous oublions de fixer des limites et nous ne voyons pas qu'ils ne trangressent rien d'autre qu'un principe virtuel que nous ne partageons qu'avec nous-mêmes.

Pire, quand notre incapacité à dire "non" est estampillée "gentillesse", elle peut devenir une attente de renvoi d'ascenseur et la déception nous guette. Car l'autre pourrait bien être capable de nous dire "non", à nous!

Quoi qu'il en soit, à l'arrivée, accéder malgré nous à une demande est un acte coûteux en énergie, en frustration - avec tous les risques de colère excessive qui pourraient nuire à la relation. Ajouté à cela le manque d'affirmation qui peut nuire à l'estime de soi, et le tableau est suffisamment peu réjouissant pour avoir envie d'apprendre à dire "non", non?



Les bénéfices du non

Augmenter la confiance mutuelle grâce à l'authenticité
Un "oui" donné de mauvaise grâce génère du ressentiment et éventuellement de la mauvaise volonté ou de la culpabilisation: on a vite fait de rentrer dans des jeux de pouvoirs néfastes pour la relation. Savoir dire "non" donne une grande valeur à nos "oui": chacun sait alors à quoi s'en tenir, qu'il n'y aura pas de retour de bâton, et la confiance se renforce: celui qui sait dire "non" est fiable et authentique, et donc rassurant pour la relation. De là à dire qu'en disant trop souvent "oui" nous obtenons l'inverse de ce que nous espérons, il n'y a qu'un minuscule petit pas qu'on franchit en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Par extension, voici d'autres bénéfices: agir en accord avec soi, s'affirmer, afficher ses choix et ses valeurs, se protéger, éviter de tomber dans le piège du triangle de Karpman, construire des relations saines et dénuées de mensonge et de manipulation, et enfin: renforcer l'estime de soi.


Auto coaching: apprendre à dire non

Il ne vous reste donc qu'à vous entraîner à dire "non", de façon à vous immuniser progressivement contre l'angoisse qu'une telle réponse peut susciter. En commençant par des situations peu chargées émotionnellement, peu implicantes, c'est plus facile! Commencez donc par déterminer si la situation se prête à un "non". Pour cela, vous avez besoin d'un peu de temps, alors n'hésitez pas à dire à votre interlocuteur que vous lui donnerez votre réponse dans dix minutes/deux jours, selon votre besoin.

Face à une demande:
Que craingnez-vous, exactement?
Quelles sont les risques réels, si vous dites non?
Qu'est-ce que ça vous coûte, si vous dites oui?
Qu'est ce que ça vous apportera, si vous dites non?
Que choisissez-vous?

Les réponses à ces questions devraient déjà diminuer l'intensité émotionnelle, l'anxiété d'anticipation, et la possibilité de dire "non" devrait paraître plus facile. Si vous choisissez de dire "non", lancez-vous! Exprimez votre refus avec gentillesse et considération. Vous pouvez éventuellement expliquer votre refus, c'est souvent plus facile. Attention cependant à ne pas tomber dans la justification excessive ou l'excuse bidon, sinon vous rentrez dans les jeux de pouvoir et la manipulation.

Et si vous avez encore du mal à vous convaincre de l'intérêt d'un "non" affirmé et assumé de temps en temps, allez donc lire: Faire quelque chose pour soi: parce que nous le valons tous!


Voir aussi:

Les relations difficiles: le triangle de Karpman
Mécanismes de valorisation et dévalorisation de soi
Répondre au besoin de reconnaissance
Compétences relationnelles (1): écouter sans juger
Compétences relationnelles (2): l'écoute active

Les dossiers d'Ithaque: Entretenir des relations saines
Les dossiers d'Ithaque: Mieux communiquer
Les dossiers d'Ithaque: Bien-être et estime de soi


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