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Sylvaine Pascual - Publié dans: Brèves du stress


Cet article paru lundi dans Les Echos et intitulé Les nouveaux modes de management pris à revers évoque une tendance inquiétante: un retour des techniques de management autoritaire, à cause de la crise. Celle-ci aurait-elle bon dos?
Au moment où les experts en management sont tous d'accord sur l'importance de développer des compétences relationnelles telles que l'intelligence émotionnelle, l'écoute mutuelle, mais aussi la motivation et donner du sens à l'action; la crise actuelle remet sur le devant de la scène les impératifs financiers au détriment de l'humain. Et tant pis si le stress généré continue à grossir les statistiques d'absentéïsme, de dépressions, de maladies professionnelles, voire pire.
 


Mais l'argument financier décliné en recherche de performance et management autoritaire est-il un bon calcul?

D'une part, il a fort peu de chances d'endiguer la crise de confiance qui, toujours selon Les Echos, s'installe entre patrons et salariés.

D'autre part, les coûts liés au stress sont énormes, puisque d'après Bernard Salengro, médecin du travail qui est intervenu cette semaine lors du congrès de l'Association des urgences psychiatriques des Pÿrénées, un arrêt de travail sur deux est lié au stress. Soit un coût annuel de 30 à 40 milliards d'Euros.

Cependant, ce coût est en partie épongé par les contribuables eux-mêmes, aussi de là à penser que certaines entreprises se sentiraient peu gênées par ce coût, on est tenté de franchir le pas...

Car finalement, c'est chaque salarié qui finance la gestion déshumanisée de lui-même. Le cynisme de l'affaire devrait donner à réfléchir.

 

Voir les autres Brèves du stress

Et le dossier: Stress, la coexistence pacifique

 

 



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Commentaires

J'ai une amie qui est victime du burn out des infirmières, parce qu'il faut le dire, même dans les hôpitaux, il est question de rendement, et ce n'est même pas reconnu comme maladie professionnelle, j'espère qu'on ne va  pas en revenir aux années "Tapie" sinon je plains tous les salariés genre "si t'es pas un battant t'es mort" et moi j'ajoute que si c'était le cas "et même si tu l'es, tu meurs quand même", ce sont des pratiques de management dépassées qui ont montré leurs limites.

Bises darling 
Commentaire n°1 posté par phil le 03/12/2009 à 08h39
Effectivement, les hôpitaux étant de plus en plus gérés comme des entreprises et non plus comme un service public, les dégâts sur les salariés sont terribles, et les infirmières sont en première ligne. C'est donc le cas aussi en Belgique? Souhaitons à ton amie qu'elle se remette bien et qu'elle prenne soin d'elle...

Réponse de Sylvaine Pascual le 03/12/2009 à 08h51
merci pour elle, je crois que le problème s'étend à tous les pays industrialisés même, partout il y a des quotas, une logique de rentabilité au maximum, une évaluation à la performance, cherche-t-on à ce que cadres, employes et ouvriers prennent des produits dopants? 5c'est du déjà entendu dans le secteur finances par exemple), je crois que tu risques d'avoir du pain sur la planche...La gestion du stress sera plus que jamais un des grands enjeux des années qui arrivent, c'est mon sentiment.
Commentaire n°2 posté par philippe le 03/12/2009 à 09h06
Tant que l'humain sera perçu comme un commodité jetable, l'avenir est sombre.
Réponse de Sylvaine Pascual le 11/01/2010 à 12h37
ET infirmiers ;o)

Malheureusement notre monde de brutes a - ces temps-ci - une fâcheuse tendance à aller chercher pas mal de vieilles choses laissées dans le placard à balais... Travail, famille etc...

Sommes-nous tous corvéables et redevables? Sans doute que non, mais pas évidfent de faire face à des situations de pression professionnelle et par là sociale.
Cet aprem l'un de mes employeurs me contacte pour une prestation en juin 2010. Je dis que "normalement" je serai là, sauf changement majeur suite à une embauche: la dame fut très étonnée et m'a demandé pourquoi, inquiète pour elle et pas le moins du monde possiblement heureuse pour moi... Et oui, j'ai le droit de candidater de-ci de-là pour une vie professionnelle plus stable...

Allez, courage, tenons tête!
Commentaire n°3 posté par Olivier le 03/12/2009 à 17h08
Oui, les infirmiers aussi!
Nous sommes parfois confrontés à des personnes qui se préoccupent bien plus de leur intérêt personnel que de celui de leur interlocuteur, l'idéal serait un équilibre entre les deux... La peur et la pression ne font qu'augmenter le sentiment que l'autre est une menace potentielle et favorise l'isolement, l'absence d'empathie, la compétition etc. et par là même pousse à être corvéable (il n'y a qu'à voir sur les sites qui donnent des conseils aux chercheurs d'emploi: soyez flexibles!). Beurk.
Réponse de Sylvaine Pascual le 11/01/2010 à 12h42
eh ben ça ne donne pas envie d'aller travailler J'ai quitté mon dernier emploi stable à cause du stress et je n'ai plus envie du tout de me laisser avoir, finalement je préfère faire des remplacements, là au moins je me sens (un peu) libre
Bonne journée Sylvaine !
Commentaire n°4 posté par wizzil le 04/12/2009 à 11h44
Ton témoignage montre qu'il existe des solutions, et ça c'est positif. Car ce qui est important pour l'un ne l'est pas nécessairement pour l'autre, l'essentiel étant de trouver son propre équilibre.
Réponse de Sylvaine Pascual le 11/01/2010 à 12h44
Difficile de donner un avis sur ce sujet ... Le management est un sujet extrèmement délicat, qui fait l'objet de tant de théories toutes aussi peu robustes les unes que els autres ...

Etant employée dans le privé, et ayant exercé des fonctions managériales, je voudrais faire partager mon expérience:
- le divorce entre salariés et patrons est réel. Il me semble basé sur un ras-le-bol assez net d'entendre dire "l'entreprise va mal, il faut faire des efforts, on doit réduire le coûts...". Ce discours est tenu depuis plus de dix ans, a engendré les délocalisations, la désindustrialisation, le non remplacement des départs à la retraite avecf augmentation de la charge de travail de ceux qui restent ... PLus personne n'y croit ! Et pourtant, on constate qur le terrain que les gens sont prêts à des efforts énormes pour leur entreprise.
- management participatif ou autoritaire ? Là encore, pas de réponse toute faite ! J'ai eu prof qui disant "le management, c'est faire ce qu'on peut". J'ai constaté dans mon expérience de terrain que les gens ont effectivement besoin qu'on leur parle pour donner du sens à leur travail quotidien, à condition que ce sens ne soit pas mortifère (par exemple: tu fais très bien ton travail, tu vas aller en Inde former les gens là-bas pour qu'ils puissent le faire à l'avenir). Par contre, quand la situation l'exige, les gens ont besoin qu'on donne des ordres. Si l'équipe ou le projet ou ... se trouve dans une situation critique, il faut que les responsables prennent leur responsabilité. C'est aussi du management. Et dans ce cas, on peut très bien dire "toi, tu laisses tout tomber et tu me fais tel truc maintenant, je veux le résultat dans 2 heures"
- le stress enfin... Ce que je vis tous les jours autour de moi, c'est que ce qui crée du stress insupportable, c'est l'incohérence. Par exemple: une situation urgente, il faut réagir vite mais on n'a plus les moyens car on a laissé partir les personnes compétentes sans les remplacer. Autre exemple: une situation urgente, il faut résoudre un problème à tout prix, mais aussi faire tout le reste ...

Je ne pense surtout pas détenir de vérité en la matière: ce que j'ai écrit correspond à mon expérience, mais les choses peuvent être très différentes d'une entreprise à l'autre !
Commentaire n°5 posté par valérie le 04/12/2009 à 19h16
Merci pour cette analyse en forme de témoignage qui apporte beaucoup au propos.

Je suis assez convaincue qu'ils sont nombreux, ceux qui continuent à s'investir, par loyauté, par principe, par tout ce qu'on veut, et qui souffrent de plus en plus des discours enrobés dans un vocabulaire à consonnance "sociale".

Je partage ton avis: la management ne devrait être ni autoritaire ni participatif, mais plutôt un mélange des deux qui permettrait au manager à la fois de responsabiliser par la participation et d'endosser la prise de décision dans certaines situations. Une bonne dose de compétences relationnelles là dedans, histoire de savoir s'adapter à l'interlocuteur et d'oeuvrer avec humanité, et l'ambiance de travail devrait déjà s'améliorer.
 Au delà de ça, l'exemple de l'Inde est confondant d'exemplarité: dans ce type de discours, la personne derrière la fonction, derrière le rôle professionnel est totalement niée, et le terme de mortifère me paraît juste: c'est un peu de cette personne qui disparaît dans ce type de discours manipulatoire qui réduit la personne à un pion.

L'exemple de l'incohérence comme générateur de stress est très intéressant, car le côté aberrant de la situation souligne la tendance grandissante à considérer l'humain comme une commodité jetable. Pour faire un parallèle culinaire imbécile: à partir du moment où on trouve acceptable de demander à quelqu'un de produire dans les 10 minutes une omelette pour 4 sans qu'il ait la possibilité d'avoir accès à des oeufs, l'aliénation n'est pas loin. Et celui qui craque peut bien aller voir ailleurs. Là aussi, beurk.
Réponse de Sylvaine Pascual le 11/01/2010 à 13h01
L'une des solution pourrait être de créer une dynamique entre la direction et les salarié afin que chcun à son niveau puisse mieux s'investir et s'identifier à la société!
Tout comme toi, je ne pense absolument pas qu'il faille passer par l'autoritarisme... sous peine d'aller dans le mur!
Excellent article et analyse @Sylvaine!
Très bon dimanche à toi! ;-)
Commentaire n°6 posté par fredheas le 06/12/2009 à 11h15
Et oui! Et comme le souligne Valérie, comment s'investir quand les discours cache une réalité inhumaine de recherche de performance qui revient à presser le citron, à n'importe quel prix?
Réponse de Sylvaine Pascual le 11/01/2010 à 13h03

 

 

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